Lettre ouverte d’un néophyte de la NBA à Kobe Bryant

Bonjour Kobe, 

Une lettre oui, quelle inventivité n’est-ce-pas ? Je me contenterais de dire que c’est plutôt un témoignage. Je me demande bien où tu peux être et si surtout tu es bien là où tu es, si ta fille émerveille les nombreuses légendes de ce sport merveilleux par son talent précoce, si tu continues à planter shoot sur shoot pour la gagne comme tu sais si bien le faire.  

Vois-tu, j’ai quelque chose à te dire. Avec un peu de remords, je dois t’avouer que je ne te connais pas si bien que ça. Je n’ai pas pu assister à ta carrière. Ton nom ressortait bien évidemment lorsque mon meilleur ami au lycée, féru de NBA, me parlait des Lakers. Néanmoins, la légende que tu étais, tes exploits personnels et collectifs, je n’en étais pas le témoin direct. La première fois que je t’ai vu, c’était en 2008 pour les Jeux Olympiques en Chine. Je regardais d’un oeil le basket et notamment la finale contre l’Espagne. Je n’y connaissais pas grand-chose mais je me souviens particulièrement de ce shoot que tu as pris pour annihiler les espoirs des Espagnols en quête du titre olympique. Mon premier moment de basket sans que je ne le sache vraiment puisqu’à l’époque, ce sport ne m’intéressait pas plus que ça.  

Petit à petit, je me suis mis à la NBA par des highlights et des vidéos du meilleur shooteur de cette ligue et peut-être même de l’Histoire. Je découvre ensuite un énorme pivot qui écrase tout sur son passage à Sacramento et qui m’a émerveillé par son talent pur, me faisant par la même occasion tomber amoureux d’une des nombreuses franchises californiennes. Je regarde la NBA de loin, j’ai quelques nouvelles en regardant les vidéos de Cod Jordan en compagnie de Waxx à l’époque sur NBA2K16. C’est même grâce à eux que je découvre TrashTalk, lors d’une vidéo en compagnie de Bastien Fontanieu et d’Alexandre Martin pour les pronostics des prochains playoffs en 2016. 

C’est surtout un match qui va me faire rentrer dans ce monde merveilleux qu’est le basket-ball. Nous sommes le 14 avril 2016. Je vois alors ton nom sur toutes les bouches, sur tous les gros titres traitant de près ou de loin la NBA. Ton dernier match se déroulait la nuit dernière. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté et j’ai décidé de regarder tes highlights personnelles de ce match. Tout ce que je peux te dire, c’est que ta performance était suffisamment exceptionnelle pour que je tombe définitivement amoureux de la balle orange. Je ne souhaitais plus rater des moments aussi incroyables que celui que tu nous as laissé cette nuit-là. C’est bien ton dernier match qui m’a fait basculer petit à petit dans ces nuits folles, où les fans partagent une passion sans limite autour du panier-ballon. J’ai eu la chance d’être le témoin de ton dernier coup d’éclat et pour cela, tout jeune fan NBA que je suis, je ne te remercierais jamais assez. 

Ta carrière se finit et je vois nombre de fans saluer une épopée fantastique, auréolée de gloire, de titres et de performances qu’aucun autre ne pourrait faire en son temps. Je vois aussi tes adorateurs prôner cette idée que tu es le meilleur de tous les temps. Un débat se lance et le nom de Michael Jordan rentre dans cette danse. Je le reconnaissais après l’avoir vu dans Space Jam quand j’étais petit. Je ne me disais pas à l’époque qu’il était aussi important pour le monde dans lequel tu as évolué, Kobe. Plus j’avance, plus je me regarde des bouts de tes matchs, beaucoup de séquences sur ton jeu, des highlights de tes performances et notamment celle contre les Raptors un soir de janvier 2006. 81 points, je ne savais même pas que c’était possible. Je découvre ensuite ce fameux coup de coude dans les finales de conférences en 2002 contre l’équipe que je chéris mais plus encore, ta grandeur par tes nombreux titres et les nombreuses finales disputées.

Je deviens un passionné du sport que tu as magnifié par ton talent, regardant de plus en plus de matchs en direct, regardant ensuite les playoffs et les finales. Pendant ce temps, tu prends le temps de commencer ta retraite en créant ta propre académie et en raflant l’oscar du meilleur court-métrage animé en 2018 avec Dear Basketball. Tu ne pouvais pas t’empêcher de continuer à gagner n’est-ce pas ? C’est alors que la saison 2019-2020 démarra et captiva de nouveau l’attention des passionnés que nous sommes. Après un match énorme de LeBron à Philadelphie, ta ville natale, tu le félicites et le presses de continuer vers le chemin de la grandeur. Ce même chemin que tu as pris des années plus tôt. Nous venions de passer une semaine formidable avec le premier match NBA à Paris depuis bien longtemps. Tout était si parfait…  Oui, tout. 

Arrive alors ce dimanche 26 janvier à 20h30. Je suis en Allemagne à ce moment-là et je sors d’un restaurant après un repas plutôt copieux. Nous rentrons donc à l’hôtel et je vois mes notifications partir dans tous les sens. Je lis ton nom associé à un autre mot que je n’apprécie guère. Je m’allume une cigarette, pensant que c’était un canular et que ce n’était pas possible. Je rentre dans ma chambre, allume mon ordinateur et commence à passer au crible le réseau de l’oiseau bleu. Un hélicoptère, un temps plus que mauvais et un terrible accident. Voilà comment j’apprends ton départ. Je reste sans voix, les yeux dans le vide et je sens une ou deux larmes monter. Je me prends le véritable choc lorsque je vois les hommages de nombreuses personnalités, de nombreux fans et surtout de nombreux joueurs durant les matchs. Ce Rockets-Nuggets, jamais je ne pourrais l’oublier. Rien qu’à voir la tristesse ambiante, les larmes ruisseler sur les joues de nombreux joueurs que les miennes ne tardent pas à apparaitre. 

Il y a une cérémonie qui est préparée en ton hommage, où plusieurs personnalités défilent afin de rappeler le joueur mais surtout l’homme que tu étais. Si seulement tu avais pu voir l’émotion sur chacun de ces visages. Si seulement tu avais pu voir le souvenir que tu as laissé mais plus encore, tout le bien que l’on pouvait dire à ton sujet. Même Michael nous a fait part de l’extraordinaire compétiteur et père que tu étais. C’est surtout ta femme qui a montré une immense énergie en rendant un hommage poignant à toi et à votre fille. J’imagine que tu es très fier d’elle et tu peux l’être. En écoutant tout cela, on mesure l’immense héritage que tu laisses derrière toi.

Aujourd’hui, cela fait un an jour pour jour que tu nous as quittés. En ce jour de deuil pour toute la planète basket-ball mais aussi pour le monde du sport dont tu incarnais à toi seul son essence même, je souhaitais t’écrire pour te dire…

Merci ! 

Crédit photo : Fox 46 Charlotte

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