Marvin Bagley : un début de carrière entre frustrations et promesses

La cuvée de la draft 2018 entame sa troisième saison dans la NBA. Elle est l’occasion pour beaucoup d’entre eux de continuer sur la lancée de la saison « sophomore », de confirmer pour d’autres avec l’unique objectif de progresser, de franchir un cap supérieur et idéalement de se faire une place importante dans la ligue américaine.

Nous pourrions citer plusieurs noms en ce début de saison, le scoring pur de Collin Sexton, l’insolence de Trae Young, la facilité d’un slovène dont on ne doit pas prononcer le nom, la polyvalence de Mikal Bridges ou encore le mystère autour de Porter Jr et de Donte DiVicenzo pour ne citer qu’eux. En réalité, plusieurs franchises peuvent être ambitieuses concernant leurs jeunes joueurs et s’il y en a une qui l’est encore plus, c’est bien celle se situant dans la capitale californienne (et non, c’est pas Los Angeles, au moins un titre qu’ils ne voleront pas).

Un début de carrière prometteur…

Sacramento avait le deuxième choix de cette draft, les fans des Kings ont alors jeté leur dévolu sur un certain Luka Doncic venant tout droit d’Europe et MVP d’Euroleague avec le Real de Madrid. Seulement voilà, un Divac plus tard et Marvin Bagley III (21 pts, 11 rbds et 1 blk lors de sa saison universitaire) est appelé par notre cher Commissionner. Les doutes s’installent le temps de quelques semaines avant que le joueur en provenance de Duke nous gratifie d’un énorme tomar sur la tête des Lakers en Summer League. C’est tout Sacramento qui se lève, impatient de pouvoir contempler ce jeune homme de 2m10 (2m03 selon les rageux d’Indiana), capable de scorer au poste dans tous les sens avec une papatte gauche des plus soyeuse et un moteur hors du commun.

Une saison rookie prometteuse malgré une vingtaine de matchs en moins à cause de petites blessures au genou gauche. Une fin de saison 2018-2019 en demi-teinte mais encourageante dans l’ensemble pour nos jeunes rois qui sont aux portes des playoffs (au dessus des Lakers) et surtout pour monsieur Bagley III (sur les 15 derniers matchs : environ 18 pts , 9 rbds, 0.7 blk en 26 minutes de jeu / une saison totale à 14.9 pts – 7 rbds et 1 blk en 25 minutes, 51% au shoot et 70% aux lancers).

Le jeu rapide sous la houlette de Dave Joerger en fait une arme de transition offensive redoutable et il montre quelques qualités au tir ainsi que de bons mouvements au poste. En résumé, le nouveau Giannis Marvin nous laisse cette sensation que, malgré un choix à contre-courant, il est promis à un grand avenir… 

… Très vite plombé par les blessures

Seulement comme vous le savez tous, fan des Kings ou simple observateur, il n’en faut pas plus à l’asile préféré de ton asile préféré pour partir, soyons poli, en vrille. Le renvoi de Dave Joerger, l’arivée de Luke Walton et nous voilà donc à l’aube de la saison 2019-2020 qui doit être celle de la confirmation et peut-être de ces playoffs tant convoités. Marvin Bagley III est attendu motivé et en progression.

Premier match de la saison à Phoenix et l’horreur se produisit. En dehors du match cauchemardesque (124-95 pour les Suns), Marvin était sorti sur blessure. Une fracture du pouce qui le tient éloignée des parquets pour quelques semaines. Une poignée de matchs en décembre pour revenir à l’infirmerie ensuite, une entorse au pied cette fois-ci. 3 matchs en janvier pour au final ne plus revenir de la saison, son pied étant encore souffrant. Marvin finit une saison sophomore avec à peine 13 matchs mais surtout des doutes, beaucoup d’incertitudes sur l’ailier fort et un ressentiment de plus en plus tenace sur le choix Bagley contre celui de Doncic.

Une saison 2020-2021 déterminante ?

Les Kings, malgré une invitation à la bulle d’Orlando après l’arrêt de la saison pour raisons sanitaires, ratent encore une fois les playoffs. L’ouverture de la saison 2020-2021 annonce son grand retour avec 4 premiers matchs excitant pour nos jeunes joueurs. Un jeu rapide avec du mouvement de ballon, la découverte de Tyrese Haliburton et Bagley retrouvant ses marques sur un terrain NBA. Du temps et de la patience qu’on se disait.

C’était sans compter sur les derniers matchs qui laissent un arrière-goût bien amer à la Kings Nation. Une maladresse inquiétante, un body language infâme, des mauvais choix sur le terrain et une défense plus que limite. Rajoutez alors un tweet de son papa chéri demandant explicitement son transfert à la fin du match contre Houston, l’intervention des médias, l’agacement grandissant de la communauté de Sacramento et vous avez là un cocktail explosif. Résultat des courses : un début de saison très moyen pour Marvin (10.9 pts, 8.1 rbds, et environ 1 pd avec 35% au shoot) et surtout énormément de frustration autour de lui.

La question est de savoir si elle est à tort ou à raison. Le mauvais démarrage du jeune joueur est un argument en faveur de la colère ambiante au sein des fans. Or, il convient peut-être de mettre une pause sur la situation actuelle. Devons-nous nous rappeler qu’il n’a que 21 ans, qu’il n’est qu’au début de sa jeune carrière ? Qu’il est sans doute bien au courant de la pression qui pèse sur ses épaules au vu des prouesses de certains de ses camarades de la draft 2018 ? De la défiance envers le choix de Bagley qui fut celui du feu General Manager Vlade Divac et qu’il n’y est donc pour rien à la non-sélection du prodige slovène ? Que la situation médiatique, relevant du contexte personnel, n’aide en rien le jeune joueur ? Et enfin qu’il revient d’une longue convalescence due aux multiples problèmes qu’il a eus sur son pied gauche ?

Une reprise poussive mais intéressante

Ce qu’il montre en ce moment n’est pas à la hauteur du potentiel qu’il a et de ce qu’il peut montrer, nous sommes tous d’accord. Les bases offensives restent toutefois très intéressantes si l’on veut bien s’adonner à les voir et bien évidemment si elles sont développées par la suite. Il faut peut-être se demander aussi si Luke Walton et le jeu (oui c’est un bien grand mot) qu’il propose est adapté aux qualités du joueur en question, quand bien même une accélération visible de celui-ci.

Tout cela pour quoi au final ? Tout simplement pour ne pas tomber sous les vagues incessantes de la culture de l’instant, celle-là même qui nous permettrait de dire aujourd’hui que Javale McGee est le nouveau David Robinson, de se montrer patient même si notre désir de gagne et de playoffs est plus que brûlant et enfin laisser la première partie de saison se dérouler avant de crier au bust ou à toute autre conclusion hâtive.

Laissons-lui le temps de retrouver de la confiance et de la stabilité même si dans cette ligue, les choses vont vites. Promis, s’il continue comme cela, nous serons les premiers à délivrer une sentence plus qu’irrévocable mais en attendant… Wait & see.

Crédit photo : The Sacramento Bee

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